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Le minaret octogonal de Figuig, un édifice millénaire attestant du génie créatif de ses concepteurs

11/06/2018 | Année 2018

Dressé majestueusement au cœur de la ville de Figuig, le minaret octogonal pierreux, l’un des monuments les plus anciens de l’Oriental, présente une allure imposante et inédite qui ne laisse pas indifférent.

Ce véritable joyau architectural qui remonte au 5ème siècle de l’hégire (XIè siècle), témoigne de la richesse historique et civilisationnelle de la région et du génie inventif des Figuiguis de cette époque ayant construit l’ancienne mosquée et son minaret très remarquée qui s’est mis vent debout au fil des siècles contre les aléas du temps.

Erigé au sein du Ksar L’Oudaghir, l’un des sept Ksour que compte la ville de Figuig ( Laabidat, Oulad Slimane, El Maïz, les deux hamams Foukani et Tahtani et Zenaga), le minaret pierreux reflète l’authenticité et la fécondité du legs culturel et cultuel arabe et amazigh.

Selon l’historien El Arbi Hilali, le minaret pierreux de Figuig, fondé par les descendants de Abderrahmane El Idrissi connu sous le nom d’El Ouadghiri ben Ali, dispose d’une base carrée de 4,5 m de côté, qui prend une forme octogonale à partir de la hauteur de 5,2 m avec l’adjonction de nouvelles faces de 1,8 m entre chaque deux côtés du carré de base.

Le minaret culmine à 19 mètres et son mur extérieur est constitué de plaques calcaires de 15 cm alternant avec des couches de 5 cm d’argile jaune et couronné par des créneaux décoratifs et un lanternon de 2,7 m, a expliqué M. Hilali à la MAP, laissant savoir que le nombre de plaques ayant servi à la construction du minaret est évalué à plus de 13.000 pièces.

A l’intérieur, le minaret est recouvert d’une argile grise fort endurcie et se dresse en son milieu une colonne de forme prismatique, détaille-t-il, notant que la forme octogonale du minaret constitue une prouesse architecturale compte tenu des moyens de construction qui étaient limités à cette époque.

A quelques encablures du minaret, des sources d’eau souterraines (Aboumeslout, Tighzert) jaillissaient à foison permettant ainsi aux fidèles de faire leurs ablutions et aux paysans d’irriguer les jardins et les vergers environnants, a-t-il poursuivi, ajoutant que les habitants assuraient les moyens de fonctionnement et les équipements nécessaires à toutes les dépendances de la mosquée en contribuant à la création de biens religieux (waqf) pour couvrir les frais d’entretien de la mosquée et les salaires de l’Imam et du Meuzzin.

De l’avis de M. Hilali, l’ancienne mosquée de Figuig avec son minaret à fort potentiel architectural et historique pourrait constituer un levier pour le tourisme culturel dans la région et relancer la dynamique économique locale.

Alliant fonctionnalité et esthétique, l’ancienne mosquée continue toujours d’assurer les rôles qui sont les siens notamment la bonne orientation, la lutte contre l’analphabétisme, la meilleure compréhension des préceptes de l’islam et la mémorisation du Saint Coran, a indiqué pour sa part l’Imam de la grande mosquée de Figuig, Mustapha Aissaoui.

Figuig, a-t-il assuré, a été de tout temps un carrefour et un lieu de brassage de plusieurs cultures et zawiays notamment Derkaouia, Tijania ou encore Nassiriya ayant considérablement contribué à l’épanouissement spirituel, à la préservation de l’identité religieuse du Maroc et à la diffusion des valeurs de paix, de solidarité et de tolérance.

Avec sa palmeraie féerique et ses maisons d’argile bâties selon un agencement de lumière et d’ombre de façon à diminuer la puissance du vent et garder la fraîcheur dans une région connue pour ses températures caniculaires, Figuig, a été depuis des lustres, un haut lieu de rayonnement intellectuel qui œuvrait à perpétuer l’apprentissage des sciences religieuses et la promotion des connaissances et du savoir.

Source : La map