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Actualités

Debdou célèbre le patrimoine juif marocain

14/11/2018 | Année 2018

Cet événement culturel a été une occasion extraordinaire de mettre en lumière la coexistence exemplaire unissant les musulmans et les juifs, et la richesse du patrimoine juif marocain comme composante de l’identité nationale.

Rien ne prédestinait cette petite ville marocaine à être de nos jours sous les feux des projecteurs. La ville de Debdou, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, située à 55 kilomètres de Taourirt, dans la région de l’Oriental, a célébré, durant trois jours, du 29 au 31 mars 2018, un festival culturel exceptionnel: «les Rendez-vous de l’histoire».

Un événement artistique d’une grande qualité qui a pour objectif de célébrer le riche patrimoine historique de cette région et les valeurs de coexistence et de tolérance qui y ont toujours prévalu.

Organisé par l’association El Kasbah pour le développement et l’entraide sociale, en partenariat avec l’ambassade de France à Rabat, cet événement culturel auquel ont pris part des chercheurs, des écrivains et des universitaires venus de tous bord, a été une occasion extraordinaire de mettre en lumière la coexistence exemplaire unissant les musulmans et les juifs, et la richesse du patrimoine juif marocain comme composante de l’identité nationale.

«Debdou la Juive», comme la surnommaient affectueusement dans le passé les historiens, demeure ce magnifique berceau confessionnel qui a vu se constituer et se développer, au fil des siècles, l’un des patrimoines juifs les plus importants dans la région. De nombreuses personnalités juives sont natives de cette ville, dont le célèbre homme d’affaires Joseph Marciano.

Elle a aussi donné naissance à bon nombre de rabbins répandus un peu partout surtout en Afrique du Nord. On peut citer, parmi eux, Rabbi Chelomo Cohen, ancien président du tribunal rabbinique de Mazagan, et Rabbi Bensoussan Aziz, ancien président du tribunal rabbinique de Mogador. On peut facilement croire que Debdou, de par son sa situation géographique dans une zone aride, pourrait être une terre sèche brûlée par le soleil.

Or, contrairement à Taourirt, où toute culture et toute végétation sont quasiment impossibles, Debdou, elle, réjouit particulièrement les visiteurs. Le sol est couvert d’un tapis de verdure, légumes, cultures et céréales. Le climat a même permis la culture de la vigne.

Un lieux de pèlerinage
Aux confluents avec l’histoire et les civilisations les plus anciennes, Debdou est habitée pendant plus de 2.000 ans par une communauté juive séfarade qui, chassée d’Espagne, y trouve une terre d’accueil. Cette communauté, rompue aux affaires, réussit alors à faire de Debdou une véritable zone de commerce active et prospère. Mais la guerre des Six Jours, à la fin des années soixante, a poussé les juifs de Debdou à migrer vers Casablanca ou vers l’étranger. C’est ainsi que le mellah et les deux cimetières juifs de Debdou sont devenus actuellement des lieux de pèlerinage.

L’organisation de ce festival pas comme les autres est venue donc réveiller un peu les consciences sur l’importance et la richesse de ce patrimoine culturel appartenant à une grande cité au passé glorieux.
Il n’y a nul doute que cette manifestation artistique va contribuer à la promotion et la valorisation de la diversité culturelle et à l’exploration de la mémoire historique de la région qui constitue depuis longue date l’incarnation des valeurs humaines communes. Mais, au-delà de son cachet mémorial, l’événement a permis aussi de promouvoir le tourisme culturel pour faire connaître la région auprès d’un maximum de Marocains et de touristes férus de l’histoire et de la culture.

Pour cette première édition, le festival a été ponctué par l’organisation de nombreuses conférences à haute teneur intellectuelle, qui commémorent justement tout ce passé historique de la ville. Place ensuite à des soirées artistiques qui sont venues clôturer en beauté cette rencontre culturelle. L’émotion était, en effet, à son comble pendant la prestation artistique offerte par la chanteuse marocaine Suzanne Harroch, qui a gratifié le public d’un florilège de chansons qui fusionnent deux langues: l’arabe et l’hébreu.

«Omri ma nensak ya mamma», «Abi Yadi», la chanson du henné de la mariée juive, ou encore des tubes des célèbres artistes marocains Samy El Maghribi et Salim Halali, sont autant de chansons qui ont transporté l’assistance dans un monde de spiritualité et de belles paroles exprimées avec une voix chaleureuse.

Modèle civilisationnel
Vêtue d’un caftan élégant, cette grande dame qui chante magnifiquement le répertoire judéo-marocain avec la sincérité, l’authenticité et le charme qui le caractérisent, a su partager sa bonne humeur et son sourire généreux avec son public. Ce dernier s’est largement laissé emporter par l’ambiance festive qui régnait dans la salle du spectacle. Pour cette grande artiste à la voix sublime, comme pour les autres artistes venus des quatre coins du Maroc, la participation à cette première édition du festival de Debdou déborde de significations. En ce sens que l’évènement met en relief la richesse du patrimoine judéo-marocain et le modèle civilisationnel singulier de coexistence, de tolérance et d’interaction entre les juifs et les musulmans au fil des siècles au Maroc.

Décidément, avec le festival «Les Rendez- vous de l’histoire», Debdou la juive renait bel et bien de ses cendres. Au grand bonheur de ses habitants, qui retrouvent une certaine attention des médias et des artistes, en attendant celle des pouvoirs publics.

Source : Maroc-hebdo.ma